La pomme de terre
07/06/2019
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Stress, surmenage, fatigue… Quand le corps dit STOP !

Ça fait plusieurs jours que j’essaye de vous écrire un article et j’ai du mal à le faire. Non pas parce que je ne trouve pas les mots, mais parce que j’ai du mal à trouver les touches de mon clavier.. Hein ? Oui, à l’heure où la France entière et de nombreux autres pays sont touchés par ce satané virus, moi, je me bats contre tout à fait autre chose… À vous qui m’avez tant accompagnée depuis ma grossesse, j’avais envie de me confier.

Je ne sais pas vraiment par où commencer…

Je ne savais même pas s’il fallait le faire, si c’était bien, ou pas et puis, je me suis dit, après tout, ici, je suis chez moi et puis ce blog, je l’ai commencé pour ça il y a maintenant quelques années. Et vous, vous décidez de cliquer, ou pas, n’est-ce pas ? Vous m’avez tant soutenue pendant ma grossesse, lors de la réalisations de mes projets et au fur et à mesure de mes évolutions, que j’ai eu envie de revenir faire un tour par ici. Alors, voilà. Je suis épuisée depuis des semaines, des mois, trois ans pour être plus précise, je pense… Entre la vie personnelle qui a été chaotique et très destructrice pour moi et une vie professionnelle dans laquelle je me suis jetée à corps perdue…c’est un peu moi que j’ai commencé à perdre.

La vie m’a rendue un peu hyperactive, beaucoup hyper productive, hypersensible à la folie (ça, je vous l’avais dit ici), hyper TOUT : totalement et passionnément.. À avoir des pics de stress, de colère, de désespoir, de joie…à ne pas savoir les contrôler, à se laisser complètement emporter, dépasser. Je me lance donc des défis par ci, par là. Toujours, tout le temps. Pour ne jamais m’arrêter, pour ne jamais laisser place à aucune forme de silence, de vide. Pour ne pas avoir le temps de penser. Tout simplement.

Ces derniers temps, je sentais que c’était trop. Le coup de stress en trop. La goutte d’eau. À pleurer un jour sur deux en me demandant ce qu’il était en train de m’arriver. À ne pas vouloir m’accorder un peu de repos car je voulais tout mener de front. Après tout, que pouvais-je faire d’autre ? M’arrêter ? Mais non, ça va pas la tête ? De toutes façons, au delà de ça, je ne le voulais pas.

Oui, sauf que quand ta tête ne veut pas, c’est ton corps qui finit par te rappeler à l’ordre. Et moi c’est ce qu’il m’arrive.

Un matin, je me suis levée et j’ai constaté que ma vue avait changée. Un voile gris était venu s’installer sur mon œil droit. Et au bout d’une heure, hop, il disparaissait… Les jours ont passé et le voile mettait de plus en plus de temps à se dissiper. J’allais donc travailler et je continuais ma vie, à peu près normalement. Mais comme ça a continué, j’ai donc réussi à consulter un ophtalmologue en urgence (enfin, sans l’aide d’une amie, je n’aurais pas pu consulter avant des mois) et le verdict est tombé : j’ai fait un infarctus de l’œil.

Mon œil droit a un œdème papillaire et les 3/4 de mes veines ont fait des hémorragies, obstruant ma vue. Depuis, je suis suivie quotidiennement, par une superbe équipe de l’hôpital d’Angoulême qui parvient à faire de mon cas une priorité, même en plein rush avec le Coronavirus. Ils cherchent à tout prix la cause de cet AVC que j’ai fait sur mon oeil droit pour que l’autre œil ne soit pas touché mais surtout, le corps entier (une personne sur cent ayant eu un infarctus de l’œil développe un AVC généralisé dans les 90 jours qui suivent). Je fais donc des séances de laser, des injections et je passe plein d’examens pour tout ça et je leur fais réellement confiance.

Imaginez tout de même mes proches, en plein confinement, qui aimeraient être auprès de moi, idem de mon côté. Mais nous ne braverons pas le « Restez chez vous » pour se mettre plus en danger.

Je me pose juste un milliard de questions depuis la semaine dernière : a-t-on le droit de continuer de conduire avec un seul œil ? N’aurai-je pas plus de migraine ? Je pourrai lui mettre une lentille de couleur pour qu’il soit joli ? Je verrai toujours la vie du bon côté (ce sera le côté gauche, le bon ?), est-ce que je pourrai toujours faire des clins d’œil ? Est-ce que je pourrai vraiment continuer d’utiliser les expressions avec les yeux alors que moi, je ne pourrai plus utiliser le pluriel ? 👀 Est-ce qu’il existe une jolie collection tendance de bandeaux pour pirate ? 🏴‍☠️

Bref, c’était surtout pour vous parler d’une chose précise et qu’on ne prend pas assez au sérieux que je voulais vous écrire : le surmenage. Moi, je suis convaincue que c’est ça qui a mené ma circulation sanguine à…péter. Vouloir en faire toujours plus, pour se surpasser, pour montrer qu’on en est capable, pour se sentir reconnue, pour prouver toujours plus. Vouloir être la maman parfaite, la manager qui mène tout de front, toujours, tout le temps, l’amie qui court partout et qui soulage, la créative qui veut créer encore et encore, qui déborde d’envies, d’énergie…

Je vis avec la peur au ventre. Peur de ce qu’on va penser de moi. De décevoir. De ne pas être celle qu’on aimerait que je sois (ça, je vous en ai parlé ici). Tellement détruite par les amitiés perdues, tous ceux que j’ai pu décevoir par le passé… Le côté « hypersensible », c’est pas pour être à la mode. J’aurais préféré l’être avec une jolie jupe crayon et un chemisier au top à en faire halluciner Christina à coups de « Ma chériiiiiiie, mais c’est magnifaïque cet assemblage de couleurs, de matières… ». Mais non. Moi, dans mon jean mal ajusté et mon pull difforme, je ressens tout puissance 10 000. Et un challenge, quand on me le confie, je l’accepte, je le vis. Et moi, je sais que c’est ça qui m’a épuisée ces derniers mois. De vouloir aller trop loin.

Alors voilà, je ne vous dis pas que votre œil ou quoi que ce soit d’autre va péter si vous acceptez le dossier de trop ou si vous avez un coup de fatigue, mais le moment où vous sentez que vous flanchez, prenez-le comme une précieuse sonnette d’alarme. Car, au-delà du fait de vous épuiser, vous ne serez pas aussi performant sur le terrain non plus et donc, à quoi ça sert ? De vouloir toujours faire plus, réussir à ne faire que « moins » ? Aller manager une équipe en étant complètement dépassée, tenter de présenter un dossier important alors que vous ne dormez plus, traiter tous les mails alors que la vue se brouille de fatigue ? Mais pour quoi faire ? Être capable de dire STOP, c’est une intelligence et une preuve de bon sens. Pas forcément à travers un arrêt (je ne prône pas les arrêts de travail attention, c’est loin d’être le cas ! ^^) mais en acceptant de ne pas pouvoir tout faire, en sachant faire des « to do list » pour s’organiser et ne pas se laisser dépasser, en s’autorisant des moments tranquilles pour traiter un dossier urgent. En acceptant de ne pas avoir une cape de Wonder Woman greffée dans le dos ou de diplôme du Salarié de l’année.

C’est le management précieux que j’ai reçu au sein de mon entreprise ces derniers mois, je n’ai juste pas su le mettre en pratique. Je voulais tout faire, en même temps et tout bien faire, évidemment. Et moi, cette conscience là, je ne l’ai pas eue et c’est parce que j’ai eu la chance d’être entourée de personnes bienveillantes autour de moi qui m’ont dit d’aller consulter vite car j’étais déjà très fatiguée que tout ceci a pu être découvert.

De mon côté, ma vision côté droit est plutôt mauvaise et on verra ce que ça donnera. En tout cas, à l’hôpital, ils font tout pour le sauver mais surtout, pour trouver l’origine médicale de cette pathologie, autre que le surmenage et le stress au quotidien, s’il y a une autre raison. J’espère juste vraiment que le second ne sera pas touché. Pour le moment, pas du tout !

Je n’ai pas de recommandations particulières à suivre à part du repos mais j’essaye de limiter au maximum les écrans, de près, car ça déclenche de sacrées migraines. Étant migraineuse de base et mes yeux étant plus sensibles actuellement, elles se déclenchent plus vite et s’installent plus longtemps. Alors que ça devient plus compliqué pour moi d’écrire (j’ai mis un sacré moment avant de vous le pondre celui-là..), j’ai envie de le faire plus que jamais. Ce blog m’avait manqué !

Bref, j’avais besoin de vous parler de tout ça mais en tout cas, ne vous inquiétez pas. Il y a des hauts, il y a des bas et aujourd’hui ça va alors, je me dis que ça va le faire. En tout cas, j’ai pris du temps pour vous écrire car je l’ai fait avec la retranscription audio de ma tablette. Si je ne vous réponds pas immédiatement, c’est que je cherche une façon de le faire sans m’abîmer les yeux.

Je suis très bien entourée. Que ce soit médicalement parlant ou quotidiennement avec mes proches et ça, c’est le plus important pour moi. Peut-être que tout ça, ce n’est qu’une sacrée leçon de vie (à défaut d’une claque dans la tronche que j’ai prise).

Love & Take Care. ❤️

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